J’veux pas que tu reviennes

T’es revenu, pif paf, de même. Sans m’avertir, sans prévenir. T’es revenu dans ma vie en un clin d’oeil, comme si tu sentais que j’étais après t’oublier. T’es revenu me dire que tu étais désolé. Tu m’as même dit que tu m’attendrais tout le temps qui faudrait, que les personnes que nous sommes aujourd’hui pourraient être ensemble, finalement, que ça pourrait marcher. Qu’on a vieilli et qu’on sait c’qu’on veut. Que la personne que je suis rendue t’attire plus que celle que j’étais y’a plus de deux ans. Bin oui. Je sais pas si c’est pour avoir la chance de venir dans mon lit, j’veux même pas savoir, en fait. Peut-être que cette fois, j’aurai pas les papillons. J’essaye tellement fort de pas y penser, de me dire que c’est encore des belles paroles, j’peux pas m’empêcher de me dire “Et si jamais….” à chaque trente secondes. Je t’ai aimé tellement fort pendant tellement longtemps que ça a fini par devenir une partie de qui je suis, ou bien de qui j’étais. Tout le monde savait ce qui se passait entre nous, même si tu le niais. Même nos familles voyaient ce qui se passait entre nous, sont pas caves non plus. J’trouve juste ça plate que tu le réalises après 4 ans de niaisage. 4 ans que j’ai perdu mon temps à souffrir, à t’aimer à mourir. Je te voulais désespérément et toi, tu aimais me faire souffrir en allant de lit en lit. Je t’ai donc détesté. Pis même si ça fait deux ans qu’on s’est pas vus, faisant en sorte que je redoute plus que jamais notre prochaine rencontre, j’suis pu sûre si je t’aime encore ou non. Une partie de moi le fera probablement toujours, mais pour l’instant…. J’veux même pas y penser. J’veux pas me raccrocher à des faux espoirs qui vont me détruire encore une fois, mettons que j’ai eu ma dose. J’veux pas qu’tu reviennes, finalement.

J’m’ennuie

J’m’ennuie, mais j’devrais pas. J’m’ennuie de ta voix, j’m’ennuie de tes “Je t’aime”. J’m’ennuie de ton sourire et du rire qui l’accompagnait. J’m’ennuie d’tes jokes plates. J’m’ennuie de tes lèvres et d’tes becs. J’m’ennuie des compliments que tu m’disais une fois d’temps en temps, mais qui semblaient réels. J’m’ennuie de tes petits yeux bleus qui me regardaient tout l’temps. J’m’ennuie de tes cheveux ébouriffés et j’m’ennuie de ton regard fatigué le matin. J’m’ennuie de nos avants-midis passés à rien faire, ou nos après-midis à vedger après l’école, allongés dans ton lit. J’m’ennuie des plans qu’on s’faisait pour le futur. J’m’ennuie de te regarder gamer avec tes chums. J’m’ennuie de nos rides d’auto. J’m’ennuie de ton parfum, Playboy Hollywood. J’m’ennuie d’nos soirées qui finissaient trop tard à mon goût et desquelles tu revenais pas trop trop à jeûn. J’m’ennuie de nos chicanes qui avaient aucun but et qui finissaient toujours bien. J’m’ennuie des conversations qu’on avait au téléphone pendant des heures. J’m’ennuie de t’attendre à minuit le samedi soir pour aller chez toi, faire dodo et passer la journée ensemble. J’m’ennuie des midis que tu venais me chercher à l’école pour qu’on passe une petite heure ensemble. J’m’ennuie de tes parents et de ta soeur. J’m’ennuie aussi de Zara le chat. J’m’ennuie de ton papi, qui est parti après notre séparation, malheureusement. J’m’ennuie même de ta chambre rouge Canadiens. J’m’ennuie du bruit que ta porte faisait quand on entrait dans ton ancienne maison. J’m’ennuie de jouer dans tes cheveux. J’m’ennuie des massages qu’on se faisait mutuellement. J’m’ennuie de me coucher sur ton torse. J’m’ennuie de tes cotons ouatés. J’m’ennuie de nos fous rire. J’m’ennuie du bon vieux temps. J’m’ennuie, mais j’devrais pas.

Demain, ça ferait deux ans. Mais j’suis contente de juste ” m’ennuyer “. Parce qu’avec tout c’que tu m’as fait endurer, j’comprends toujours pas pourquoi j’m’ennuie autant.

Le jour d’après

Un soir, j’ai décidé que je mourais. Juste de même, sans avertir personne. J’avais pris la petite parcelle de volonté bien cachée et j’ai fini tout ça. J’ai arrêté la souffrance en-dedans de moi, comme ça, à frette…

Mais le lendemain matin, j’ai fini par me réveiller. J’me suis fait un petit déjeuner, rien de bien grandiose ni de bien modeste. J’ai pris mon chocolat chaud, comme je le fais depuis que je suis une enfant. J’ai regardé mon Newsfeed Facebook en écoutant Salut-Bonjour. J’ai sorti les chiens et j’suis allée me brosser les dents.

Le lendemain matin, j’me suis habillée. J’ai mis des jeans noirs, un chandail blanc, pis ma veste en cuir que j’mets tout l’temps. J’ai emmené les chiens prendre leur marche. J’me suis assis au parc au coin d’la rue et j’ai fermé les yeux, respirant le bon air d’automne qui imprégnait la place.

Le lendemain matin, j’ai pris mes clés et j’me suis rendue à l’école. J’ai écouté mes profs parler de leur matière comme si c’était tout ce qui comptait dans la vie. J’ai jasé avec deux-trois amis et j’ai mangé un petit dîner. J’ai pris une table à pique-nique dehors et j’ai mangé en faisant mes devoirs.

Le lendemain soir, j’suis allée travailler. 3h à 8h. J’ai parlé avec les clients et les autres caissières. J’ai ri avec mon emballeur préféré. J’ai même eu une conversation avec ma boss qui parle jamais. J’me suis fait chier avec des clients bêtes et j’ai apprécié qu’un d’eux prenne ma défense contre une dame qui m’attaquait parce que son gars s’était fait mal.

Le lendemain du soir ou je suis morte, j’me suis réveillée et j’ai continué à vivre. J’ai continué à respirer et à rire, à parler et à manger. Mais la douleur n’est jamais partie. J’ai bien voulu l’oublier, j’ai bien voulu me “dé-tuer”, mais même si je continue à vivre, j’suis toujours morte en-dedans. Et ça, personne peut s’en douter.

Il était une fois

Il était une fois, toi, moi pis l’bonheur. On s’était donné rendez-vous au coin d’une rue, café en mains. On pensait bin que toute ça finirait bien, mais on savait pas. On savait pas c’qui s’passerait. On écrivait tranquillement notre conte de fées, celui avec la princesse qui est sauvée par le beau prince. On devait vivre heureux et avoir beaucoup d’enfants. Ah pis, on devait voyager à-travers le monde entier, avec seulement notre petit backpack en mains. On devait s’amuser, partir en bateau, voler jusqu’aux Antilles pour vivre nos rêves. On voulait changer le monde, mais c’était pas assez. Notre amour était pas assez. On était pas assez forts. On était jeunes, aussi. On croyait en la beauté d’la vie d’amoureux, mais on savait pas. On s’doutait pas qu’on était pas faits l’un pour l’autre, qu’on s’faisait mal plus qu’autre chose. On pensait pas. On voulait pas voir la réalité en face. On n’était juste pas prêts.  Continue reading

Tu l’aimais, un point, c’est tout.


Ce gars-là, tu l’avais dans la peau. Ma pauvre fille, tu le voyais dans ta soupe. Tu pensais tellement à lui que tu avais même pu de temps pour toi-même. Tu le trouvais dont beau, dont fin, dont drôle et tellemennnnnnt intéressant. Y’était le top du top, ton number one. Tu regardais tout le temps ses photos, ses yeux bleus si beaux qu’on pouvait pas les manquer mais qui pourtant, t’avaient pas regardée une seule fois encore. Tsay, le beau temps. Parce qu’ils ont fini par te voir, ces petits yeux-là. Pis c’est là que t’aurais dû fuir, partir en courant et jamais te retourner. Parce que c’est là que tout a commencé : le flirt, la tentation, le désir pis bin, tout l’reste. Y te complimentait, te sortait, t’ouvrait même les portes et t’offrant des fleurs, tes préférées. Y te trouvait dont belle, dont fine, dont drôle et tellemennnnnnt intéressante. Y disait qui tombait amoureux, et tu le croyais. Pourquoi tu l’aurais pas fait, de toute façon ? C’était tellement parfait, ta première vraie relation qui marchait, pour une fois. Tu tombais vraiment amoureuse. Tu croyais être la seule à qui c’était arrivé, tomber tellement amoureuse de l’homme le “plus merveilleux”. La seule à qui on avait dit “je t’aime”, qu’on avait embrassée de même. La seule qui pouvait aimer autant et qui pouvait être heureuse comme ça. T’avais tord, mais bon, on peut pas te le reprocher, on fait toute ça quand on tombe en amour, surtout la première fois. Tu l’aimais, tu avais une confiance aveugle en lui et ses beaux petits yeux. Tu voulais juste son bonheur, fac quand y rentrait tard, tu chialais pas. Même si y’avait bu, fumé et pas répondu à tes quelques textos de la soirée. Même si y se réveillait bougonneux d’son hangover. Ce qu’homme voulait, tu lui donnais. Y t’avait dans ses griffes, à portée de main, pis il le savait. Ça lui déplaisait pas, y’aimait même ça pas à peu près. Heeey, une fille qui m’aime et qui fait tout c’que j’veux, pourquoi pas ? C’est hot ça ! Pas d’compte à rendre, j’peux y demander si, ça, ça, pis a chialera pas. Parce que la pauvre p’tite, a m’aime. Mais pas moi. C’était impossible, cette histoire-là, de toute façon. T’avais quoi, 15-16 ans ? Pis lui ? 18-20 ? Quelque chose comme ça, c’pas important, de toute façon. Dater un gars plus vieux, c’est fucking nice, anyway, hein ? Si t’avais su…

Un moment donné, c’t’histoire-là a bin fini par finir, y s’est tanné et est parti. Y cherchait quelqu’un rendu au même stade de vie que lui, bin oui toé chose. Pis quand y’est parti, t’as eu mal. T’as arrêté de manger, d’aller à l’école. Tu pleurais tout le temps et y’avait pas une nuit qui passait sans que tu te réveilles 4-5 fois en le cherchant, en te retenant de pas l’appeler. Tu avais vraiment mal. Tu pensais être la seule à qui c’était arrivé, avoir une peine d’amour tellement dure. La seule à qui on avait fait mal autant, la seule qui avait été blessée de même. La seule qui pouvait souffrir autant et être aussi malheureuse. T’avais tord, mais bon, on peut pas te le reprocher, on fait toute ça quand on est en peine d’amour, surtout la première fois. Tu voulais juste qui revienne, mais si y’est parti, premièrement, c’était à sa perte et deuxièmement, pour le mieux. Tu vois, tu es plus forte grâce à lui. Tu sais c’que tu veux et tu te laisses pu faire. Pis le prochain, tu vas l’aimer en maudit. Pis si c’pas l’bon, l’prochain, ce sera l’autre d’après. Parce que t’es pas une criss de folle, comme y dit. Ta seule erreur, fille, aura d’avoir été trop naïve. Mais bon, ça on peut pas te l’reprocher, t’étais amoureuse.