Tu l’aimais, un point, c’est tout.


Ce gars-là, tu l’avais dans la peau. Ma pauvre fille, tu le voyais dans ta soupe. Tu pensais tellement à lui que tu avais même pu de temps pour toi-même. Tu le trouvais dont beau, dont fin, dont drôle et tellemennnnnnt intéressant. Y’était le top du top, ton number one. Tu regardais tout le temps ses photos, ses yeux bleus si beaux qu’on pouvait pas les manquer mais qui pourtant, t’avaient pas regardée une seule fois encore. Tsay, le beau temps. Parce qu’ils ont fini par te voir, ces petits yeux-là. Pis c’est là que t’aurais dû fuir, partir en courant et jamais te retourner. Parce que c’est là que tout a commencé : le flirt, la tentation, le désir pis bin, tout l’reste. Y te complimentait, te sortait, t’ouvrait même les portes et t’offrant des fleurs, tes préférées. Y te trouvait dont belle, dont fine, dont drôle et tellemennnnnnt intéressante. Y disait qui tombait amoureux, et tu le croyais. Pourquoi tu l’aurais pas fait, de toute façon ? C’était tellement parfait, ta première vraie relation qui marchait, pour une fois. Tu tombais vraiment amoureuse. Tu croyais être la seule à qui c’était arrivé, tomber tellement amoureuse de l’homme le “plus merveilleux”. La seule à qui on avait dit “je t’aime”, qu’on avait embrassée de même. La seule qui pouvait aimer autant et qui pouvait être heureuse comme ça. T’avais tord, mais bon, on peut pas te le reprocher, on fait toute ça quand on tombe en amour, surtout la première fois. Tu l’aimais, tu avais une confiance aveugle en lui et ses beaux petits yeux. Tu voulais juste son bonheur, fac quand y rentrait tard, tu chialais pas. Même si y’avait bu, fumé et pas répondu à tes quelques textos de la soirée. Même si y se réveillait bougonneux d’son hangover. Ce qu’homme voulait, tu lui donnais. Y t’avait dans ses griffes, à portée de main, pis il le savait. Ça lui déplaisait pas, y’aimait même ça pas à peu près. Heeey, une fille qui m’aime et qui fait tout c’que j’veux, pourquoi pas ? C’est hot ça ! Pas d’compte à rendre, j’peux y demander si, ça, ça, pis a chialera pas. Parce que la pauvre p’tite, a m’aime. Mais pas moi. C’était impossible, cette histoire-là, de toute façon. T’avais quoi, 15-16 ans ? Pis lui ? 18-20 ? Quelque chose comme ça, c’pas important, de toute façon. Dater un gars plus vieux, c’est fucking nice, anyway, hein ? Si t’avais su…

Un moment donné, c’t’histoire-là a bin fini par finir, y s’est tanné et est parti. Y cherchait quelqu’un rendu au même stade de vie que lui, bin oui toé chose. Pis quand y’est parti, t’as eu mal. T’as arrêté de manger, d’aller à l’école. Tu pleurais tout le temps et y’avait pas une nuit qui passait sans que tu te réveilles 4-5 fois en le cherchant, en te retenant de pas l’appeler. Tu avais vraiment mal. Tu pensais être la seule à qui c’était arrivé, avoir une peine d’amour tellement dure. La seule à qui on avait fait mal autant, la seule qui avait été blessée de même. La seule qui pouvait souffrir autant et être aussi malheureuse. T’avais tord, mais bon, on peut pas te le reprocher, on fait toute ça quand on est en peine d’amour, surtout la première fois. Tu voulais juste qui revienne, mais si y’est parti, premièrement, c’était à sa perte et deuxièmement, pour le mieux. Tu vois, tu es plus forte grâce à lui. Tu sais c’que tu veux et tu te laisses pu faire. Pis le prochain, tu vas l’aimer en maudit. Pis si c’pas l’bon, l’prochain, ce sera l’autre d’après. Parce que t’es pas une criss de folle, comme y dit. Ta seule erreur, fille, aura d’avoir été trop naïve. Mais bon, ça on peut pas te l’reprocher, t’étais amoureuse.

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