les joies du Cegep

y’est minuit et dix, on est maintenant un jeudi 24 novembre, pis dans moins de 7 heures, j’ai un cours d’anglais qui me tente pas, comme mes sept autres cours, d’ailleurs. la session me rentre dans l’corps pas à peu près, mettons que la motivation se fait rare de c’temps-là! j’ai juste envie de toute lâcher et partir en road trip qui finira jamais. mais non, j’peux pas faire ça. non seulement ma mère ferait une crise cardiaque, ça m’aiderait pas plus à savoir c’que j’veux faire de ma vie…

j’avance dans un programme que j’aime pas, sans aucune intention d’aller à l’université, mais pourquoi, dans l’fond? pour que mes parents et le reste de ma famille soit fiers d’avoir une diplômée au niveau collégial dans famille? pour pas me faire traiter de lâcheuse? par orgueil? parce que j’aime pas plus ma job que ça? je sais pas, c’que j’fais. oui, mon programme est intéressant, dans un sens, mais j’pu capable. les cours de 3-4 heures, avec des oraux et des textes de 8 pages de long à en pu finir, c’pas pour moi. être pognée dans les marches entre deux cours quand on est 7,000 étudiants (bon peut-être plus 5,500 vu qui en a une batch qui doivent avoir lâché depuis août), j’trouve ça bin trop angoissant. être toute seule dans mes pauses parce que mes amis ont des cours pendant c’temps-là, c’est chiant. les pauses de 4 heures aussi, c’est chiant. tout est chiant, dans l’fond. les élèves qui disent aimer le Cegep, c’est clairement pas pour les études en tant que tel, OUUUU y’ont pas encore eu de mi-session ni de fin de session. ces deux-là te tuent tellement, tu deviens un zombie, c’pas compliqué!

j’avais tellement hâte de finir le secondaire et de me rendre au Cegep, mais aujourd’hui, j’réalise à quel point c’était plus facile là-bas…. pas à te préoccuper de ton transport, un horaire constant, t’as toujours le temps de te rattraper en 10 mois, t’as tes pauses avec tes amis, tu commences pas trop tôt et tu finis pas trop tard, pis au bout de toutes ces années, t’as un beau bal pis tu peux mettre une belle robe pis toute. le Cegep? y t’enligne vers un calvaire encore plus grand, l’Université et les dettes qui viennent avec. déjà que c’est bin rare que pendant tes sessions passées au Cegep que tu te fasses bin de l’argent, parce qu’admettons-le, une job étudiante, c’est loin de pouvoir compenser pour toutes tes dépenses, hein? bref, j’partirai pas là-dessus, j’sens que j’vais m’fâcher.

j’mennuie du temps du secondaire, des fois. oui, j’me suis fait des meilleurs amis au cegep que tous ceux que j’ai eus au secondaire, pour la simple et bonne raison qu’on s’est connus à l’âge adulte, donc avec une certaine maturité que mes amis du secondaire et moi n’avions pas. on sort dans les bars, on se fait des soirées vino, tout c’que j’pouvais faire au secondaire mais c’est tellement plus l’fun. si y’a bin une chose que j’suis contente par rapport au Cegep, c’est que j’ai rencontré des gens de partout dans la région et qui resteront dans ma vie éternellement. parce que les amis du secondaire, on s’entend que bin souvent, on les perd de vue après la graduation? pis que tu es ami avec eux seulement parce que c’est moins compliqué, vu que tu les vois tous les jours. mais bon… faut pas généraliser non plus!

j’ai tellement pas de but, par rapport à mon futur métier…. y’en a aucun qui me tente, et aucun programme me tente non plus. j’sais pu quoi faire, j’angoisse face à mon avenir et j’aime pas ça. j’ai peur de perdre mon temps et que finalement, j’finisse ma vie comme caissière chez Walmart (j’ai rien contre les employés de la chaîne, juste que j’veux pas finir comme caissière chez Walmart, quand même!) et j’ai aussi peur de jamais trouver ma voie… ou que ma voie soit pas payante et qu’au final, je rush à arrondir mes fins de mois…. j’ai peur de décevoir ma famille en ayant une job bin basic…. j’sais pu quoi faire, pis j’suis tannée…

j’veux pas te décourager, toi, futur étudiant au collégial, mais j’veux t’avertir: oui, y’a des chances que tu frappes un mur, que tu coules des matières pis que ça fasse baisser ta Cote R de marde, que tu te sentes déprimé et à bout de forces… on l’a tous été, à un moment ou un autre de notre DEC. ça s’peut aussi que tu changes de programme au bout du compte, ou bin que tu t’en ailles faire un DEP. y’a tellement de portes qui peuvent s’ouvrir pour toi, faut pas tu te décourages. bois bin du café, dors bien, pis étudies en masse et t’auras pas (trop) de trouble. c’pas si dur, c’est surtout le moral (et la vie sociale) qui en mangent un coup. mais ça passe tellement vite (si tu changes pas de programme 18 fois) que dans l’temps de l’dire, tu vas avoir fini! profites-en en masse, deviens ami avec les gens de ton programme que tu vois souvent et laisse-toi pas décourager! t’es pas seul dans tout ça!

sur ce, y’est minuit et demie et j’vais me coucher, pour aller faire mes cours plates de mon jeudi. espérons que la journée passe vite….

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Lettre au prochain qui entrera dans ma vie

Salut toi, personne que je connais ou que je ne connais pas encore. J’avais envie de te jaser aujourd’hui, I hope you don’t mind. J’en ai un peu sur le coeur qui faut que je laisse sortir, pis j’ai des trucs à te dire par rapport à toi…

Tsay, on m’a souvent niaisée, on m’a souvent brisé le coeur aussi.. maintenant, j’ai des craintes; j’ai peur d’avoir mal encore, qu’on me niaise encore, qu’on profite de moi et de ma confiance aveugle encore…. mais c’qui me fout le plus la chienne, c’est que tu partes. en plus, vous les gars, vous avez tendance à partir une fois qu’on s’est bien attachées à vous, hein?… j’ai peur que tu sois pas capable d’endurer une fille comme moi, qui a toujours besoin d’être rassurée, qui a toujours besoin que tu lui montres son amour sinon elle doute d’elle. j’ai peur que tu te tannes, que tu trouves mieux que moi. j’ai peur que tout c’que tu veuilles, ce soit mon corps et non mon amour. j’ai peur d’être un rebound aussi… j’ai peur de t’aimer, pis que ce soit pas réciproque. en fait, j’ai peur d’aimer tout court.

j’aimerais aussi que tu saches que j’pas une de ces criss de folles sur qui t’es déjà tombé. non, j’vais pas t’harceler de messages quand tu vas sortir avec tes chums, je t’empêcherai pas d’les voir non plus. j’vais pas être la dépendante affective qui veut absolument te voir tous les soirs sinon je pète ma coche. j’serai pas la fille que tes amis vont trouver fatigante parce qu’a te suit dans tes soirées de gars. j’vais pas te demander de choisir entre moi et quelque chose/quelqu’un que t’aimes. tu vas avoir le droit d’les voir, tes amies de filles, tant que tu me laisses voir mes amis de gars, j’dirai rien. j’vais t’aimer comme si j’avais jamais aimé avant. j’vais prendre soin de toi comme n’importe quelle petite femme se le doit. j’vais te faire à manger pis j’vais te coller, mais pas trop, y me faut ma bulle. j’vais pas faire des scènes pour rien, j’vais même te redonner confiance qu’on n’est pas toutes folles, après tout. j’vais te supporter dans tes projets, même les plus fous (sauf si c’est des rituels sataniques ou de quoi du genre, mais je sais que t’es pas comme ça anyways). oui, des fois, j’vais te demander si tu m’aimes, parce que j’aime tellement ça t’entendre me le dire. oui, des fois, j’vais peut-être bouder si je m’ennuie de toi et que tu descends pour passer la soirée qu’avec tes chums (écoute, tu peux les voir comme tu veux, c’pas ça le problème, j’aimerais juste que tu viennes me faire un petit coucou une fois de temps en temps… please?). j’vais peut-être prendre bin d’la place dans le lit, mais c’parce que j’veux être collée le plus possible !

bref, j’vais pas être désagréable, pis j’pourrais devenir ta plus belle relation… faut juste se laisser du temps, réapprendre à faire confiance, à aimer sans retenue, à se laisser aller. j’ai aussi peur que toi, crois-moi. j’suis prête à tout, pis je sens qu’on pourrait être bien heureux, toi et moi. je te laisse penser à tout ça, en attendant, fais bien attention à toi xx