un petit soir d’avril 2014…

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j’hésite à écrire de tels propos sur internet, mais j’ai besoin de laisser sortir le méchant, de mettre des mots sur ma douleur.. âmes sensibles, s’abstenir….

ça fait deux ans et demi que je traîne ce douloureux souvenir, cette honte et ce dégoût quand je repense à cette soirée, soirée qui a détruit la dernière part d’innocence que j’avais en moi. celle qui croyait que les humains avaient un peu de bon sens, de compassion, de gentillesse, d’humanité. tsay, la petite fille de 15 ans en peine d’amour, qui sortait de psychiatrie pour tentative de suicide et qui croyait qu’elle s’était fait un ami qui était là pour elle pour vrai, un ami sur qui elle pouvait compter, à qui elle pouvait se confier sans jugement. toi, t’allais avoir 19 ans. criss que j’ai été conne de te faire confiance..

tu m’as proposé souvent de faire de quoi “pour me changer les idées”, que tu disais. moi, conne que j’étais, j’acceptais chaque fois, sans me douter de tes intentions, de ce que tu préparais dans mon dos. tu voulais te venger de mon ex, qui a couché avec l’une des tiennes, que tu disais, du moins, aux autres. ce soir-là, tu m’as invitée chez toi, dans la maison vide de ton père. on s’est faite livrer d’la pizz’ pis on écoutait la tv, bin relaxe dans l’salon. j’étais déjà pas tellement à l’aise avec l’idée d’être là, je gardais mes bras croisés avec un coussin à l’autre bout du divan, pour te montrer à quel point j’étais pas à l’aise. j’évitais ton regard bin souvent, j’voulais tellement retourner chez moi, mais j’avais peur que ma mère se pose des questions… eh que j’aurais dû!

t’as commencé à te rapprocher tranquillement, bin subtilement, en pensant que j’remarquerais pas que t’es passé de l’autre bout du divan à directement à côté de moi, tsay. c’est là que tu m’as embrassé pendant que je parlais. j’t’ai repoussé, t’as insisté.. “awaye, c’est juste embrasser, dis-moi pas que t’aimes pas ça?” que t’as dit, en riant. j’ai fait comme si de rien était, pis j’ai continué, mais non, j’aimais pas ça. j’voulais juste pas créer de malaise… j’savais pas quoi faire, j’avais juste 15 ans, pis t’étais le deuxième gars qui m’embrassait. j’t’ai laissé faire, mais j’aurais pas dû. parce que t’en as profité. t’as commencé à masser mes seins, les caresser, les embrasser… tu les as sortis de ma brassière et t’as commencé à être plus insistant… “criss que t’es belle”… “j’te veux” … “pis (insert my ex’s name here) a trompé quelqu’un comme toi, criss de malade!” … “on va en-haut?”… en haut, c’était ta chambre. j’ai jamais dit oui, mais j’ai pas été capable de dire non… en fait, j’ai figé. j’voulais pas, mais j’voulais oublier mon ex, me venger du fait qu’il m’avait utilisée pour du sexe pendant 5 mois, pis qui m’avait trompée au début de notre relation (que je sais, sinon j’ignore ce qu’il a pu faire dans mon dos, 3 ans plus tard). j’voulais juste qu’un autre gars me dise qu’il me trouvait belle, qui me désirait…. alors je t’ai suivi, pis c’est à ce jour mon plus grand regret..

tu m’as emmenée sur ton lit, pis t’as commencé à me déshabiller directement. j’étais pas à l’aise du tout, même que je te retenais d’enlever mon chandail ligné gris et blanc, et mes jeans noirs… oui, je me souviens de ce que je portais ce soir-là… j’ai dit que j’me sentais pas à l’aise, t’as dit “come on là, on va juste avoir du fun!” j’ai rien répondu à ça, j’étais pas capable. tu m’as placée sur le dos, pis t’as voulu rentrer. j’t’ai repoussé, t’avais pas mis de capote. “ça me turn off” que t’as dit en me pénétrant brutalement. tu savais que la pénétration me faisait toujours mal, pis là, j’voulais pas, pis tu savais que ça me faisait mal quand tu l’as fait. j’ai lâché quelques gémissements de douleur, pis toi, ça t’excitait, que tu disais. j’t’ai demandé d’arrêter à plusieurs reprises, pis tu voulais pas arrêter. “criss c’est bon, arrête dont d’te plaindre”. ouain, j’étais pas du même avis. ton érection me faisait plus mal à chaque coup, j’en pouvais juste pu, pis toi, tu trouvais le moyen d’être encore plus excité en me voyant souffrir en-dessous de toi. à un moment donné, je me suis mis à pleurer, tellement j’avais mal. j’voulais que tu me laisses partir, j’voulais que tu m’étouffes, que tu me tues, j’en pouvais pu. t’as arrêté parce que t’étais après venir en-dedans de moi, pis t’as dit “m’a attendre que tu te calmes.” j’ai arrêté de pleurer, j’avais compris que tu songeais pas à arrêter, pas tout suite en tout cas. je t’ai laissé faire, sans aucune émotion. j’t’ai même pu montrer que j’avais mal, tellement j’voulais que tu finisses ta job encore et que tu me laisses partir chez moi. tu m’as agressée comme ça pendant pas loin de deux heures. DEUX HEURES CRISS. Quand tu m’as enfin lâchée, j’étais même pas soulagée, j’étais dégoûtée, j’avais tellement honte et tellement mal. ça brûlait tellement… j’en étais engourdie. j’sentais pu mes lèvres quand je les touchais, pour te donner une idée. j’pouvais pas m’asseoir confortablement, ça brûlait trop. tu m’as dit “criss de bon sexe” (mon cul, oui, sauf si toi, agresser les femmes, c’est ton idée d’une relation sexuelle complète). tu m’as ramenée chez moi, pis j’ai pris ma douche. j’suis allée dans mon lit sans dormir, pis j’me suis relevée le lendemain, pis je suis allée prendre une autre douche, pis encore une autre. j’voulais me laver de toi, de tes péchés, de ma douleur, de ma honte, de ton corps… j’voulais faire disparaître toute trace de toi sur mon corps, j’supportais pas l’idée. j’voulais laver mes douloureux souvenirs de cette nuit-là, oh que j’voulais dont. mais regarde moi aujourd’hui, j’suis après la décrire pratiquement action par action, ça a pas marché fort fort!

dans les semaines qui ont suivi, j’ai commencé à faire encore plus d’anxiété… pu capable de dormir, de sortir, je faisais des crises de panique à rien, j’avais des changements d’humeur tellement soudains, que j’me tapais sur les nerfs moi-même. j’me suis renfermée comme jamais, mais j’pouvais pas être toute seule. j’me faisais du mal à moi-même, encore, comme avant, même si j’avais promis que je le ferais plus. j’suis allée prendre la pilule du lendemain parce que j’voulais tellement pas tomber enceinte d’un monstre comme toi…. pis j’ai rencontré mon ex, pis on s’est mis en couple. pis toi, ça t’a pas plu. tu m’as fait des menaces et tu te faisais passer pour la petite victime dans tout ça, comme quoi je t’avais niaisé juste pour avoir du sexe. j’t’ai revu, pis j’ai jamais été aussi mal à l’aise. j’voulais crier à tous ceux qui nous entouraient ce que tu m’avais fait, mais j’voulais pas que personne soit au courant… au courant que j’ai été faible, que j’ai pas réussi à me sauver de cette situation… au courant que j’t’ai laissé faire…

mais j’ai su que tu préparais ton coup depuis longtemps, que c’était juste une question de temps. que tu voulais faire souffrir à la fois mon ex, mais aussi moi, car tu croyais que les femmes étaient toutes des connes. tu voulais juste te venger de quelque chose auquel je n’étais aucunement reliée. si tu savais comme je t’en veux. ah oui, je t’en veux, pis j’pas comme ça, habituellement. mais j’ai toujours mal, j’ai toujours honte, j’suis rendue hyper anxieuse et j’suis pas capable de faire confiance aux hommes grâce à toi. hey, merci beaucoup ! au moins, tu m’as endurcie. mais j’ai toujours peur, j’pas capable de me laisser aller, j’ai toujours ton visage dans mes pensées… ton regard de fou qui me fixait sans ciller tandis que moi, je pleurais. ton regard tellement excité par ces larmes…. esti, pourquoi j’écris tout ça, moi, à soir? j’me fais du mal. t’es bien la seule personne qui aura réussi à me détruire comme ça, malgré tous ceux qui auront essayé, j’espère que t’es content!

j’suis consciente que j’aurais dû te dénoncer, tu mérites pas d’avoir une bonne réputation, ni de te promener en liberté… t’avais 19 ans, j’en avais 15 le grand! t’as pas honte de m’avoir agressée ainsi?… t’as beau m’avoir fait ça.. j’pas ta victime, oh non, je refuse de porter ce titre… j’pense que c’est en partie pour ça que j’ai jamais voulu te dénoncer: je voulais pas porter l’étiquette de victime, ni être référée comme telle dans quelconque témoignage ou procès… j’voulais pas que ma famille sache, que mes amis sachent, que mes profs sachent…. j’voulais pas qu’on me regarde avec la pitié qu’on réserve à ceux qui vivent de quoi de dur, déjà qu’ils savaient pas mal tous que j’avais été en psychiatrie à cause de ma dépression/tentative de suicide (yo… j’me suis juste mutilée, c’était pas la grosse tentative c’te fois-là….)… j’voulais pas que les gens me maternent en pensant que j’étais une pauvre petite créature fragile…. mais j’aurais dû te dénoncer. ça aurait pas enlevé le mal, la honte, ni effacé tes gestes, mais au moins, je l’aurais pas gardé en-dedans pendant pas loin de 3 ans. c’est la première fois que je détaille *brièvement* le soir qui m’a changée… et probablement la dernière….

je te souhaite que le karma s’occupe de toi de la manière la plus atroce possible, tu le mérites j’pense. j’vais essayer de faire la paix avec tout ça en attendant, j’en ai plus que besoin….

je m’excuse si ce texte vous a déplu… j’devais me vider le coeur, pis vu que vous savez pas je suis qui, ça m’a fait du bien…. pas de commentaires haineux, s’il vous plait… merci!
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