lettre à mon papa

papa

salut mon petit papa d’amour,

avant toute chose, je tiens à dire que cet article n’est pas une lettre de colère envers un père manquant, non, loin de là. j’ai eu la chance de grandir avec ma maman, mon papa et mon beau-papa, trois personnes qui ont réussi du mieux qu’ils ont pu à m’élever et faire de moi la jeune femme que je suis et que je serai. m’enfin.

prise deux.

salut mon petit papa d’amour. oui, point. c’est pas que j’ai rien à dire, justement, j’en ai trop à dire et j’ai le coeur gros. gros comme il n’a jamais été gros auparavant. nous sommes le 27 novembre, cela ferait 23 ans que tu serais avec maman (ça fait pourtant 17 ans que vous vous êtes quittés) et je pense à toi. Ah, et aussi, vendredi, ça va faire trois mois que tu es parti. trois mois. TROIS MOIS. 90 jours. 13 semaines. 2,160 heures. une éternité depuis que la vie t’a arraché à moi. j’ai tellement de peine, j’ai toujours autant de misère à comprendre pourquoi la vie a été aussi injuste et cruelle. c’est l’enfer, papa.

malgré tout, je suis contente des dix-neuf années que j’ai passées à tes côtés. j’aurais tellement dû en profiter encore plus. j’aurais dû t’enlacer plus fort chaque fois, te dire que je t’aimais pour pas que tu doutes, comme tu l’as fait quand j’étais enfant. j’aurais dû écouter tes jokes plates et apprendre à connaître tout ce que tu aimes et écouter tes souvenirs et aller faire tes commissions avec toi plus souvent et arrêter souper plus souvent… mais papa, te voir comme ça a toujours été dur. la vie ne t’a pas épargné, papa. tu étais le plus fort, le meilleur. tu étais l’homme, la personne la plus courageuse que j’ai eu la chance de rencontrer dans ma vie, et imagine, tu étais mon père. tu t’es battu près de trente ans contre la Sclérose en Plaques, tu as eu la bactérie mangeuse de chair ET la C.difficile en même temps, et puis dans les dernières semaines de ta vie, tu t’es battu contre un cancer de la moelle osseuse ET une pneumonie, et tu t’es jamais plaint. pas une seule fois t’as baissé les bras. tu t’es battu jusqu’au bout, avec le sourire aux lèvres, tu as toujours cru que tu t’en sortirais, même si les chances étaient minces. mais tu sais quoi? c’est une attitude comme la tienne qui m’inspirent à me battre chaque jour de ma vie. j’ai tellement rien à me plaindre, quand j’ai mal au dos ou aux jambes ou à la tête, tandis que tu as souffert plus de la moitié de ta vie. j’aurais tellement pris de ta souffrance pour pouvoir l’alléger. tu l’aurais mérité x028372549853124. tu as mérité ton ciel plus que personne que j’ai connu, papa….

ton rire me manque. ta voix d’animateur radio (et tu en as déjà été un) me manque. ton eau de cologne me manque. tu avais une influence remarquable sur tous ceux qui t’entouraient. un vrai moulin à paroles. ta force me manque. j’aurais besoin d’un calin. que tu me dises que tout ça est un cauchemar, que c’est tout dans ma tête et que tu es véritablement toujours parmi nous. dis-moi que c’est pas vrai que tu ne seras pas là à Noël. ton absence est dure à combler, j’en reviens pas.

ton combat s’est terminé et au même moment, le mien a commencé. lui aussi, il durera aussi longtemps que je vivrai. perdre un parent, surtout lorsqu’on est jeune, est et restera toujours difficile. on est jamais prêt. et même si on l’est, on l’est pas. y’a tellement de choses que j’aurais voulu avoir le temps de faire, ou que j’aurais voulu dire, ou que j’aurais voulu revivre. j’ai eu le temps de rien faire. on devait aller voir De père en flic 2 au cinéma cet été, mais tu es entré à l’hôpital deux jours avant, sans plus jamais en sortir. tu avais tellement hâte. tu voulais tellement y’aller, et moi aussi, comme dans le temps. ça me brise le coeur. le regard que tu avais quand tu me regardais, quand le médecin nous parlait des traitements et de ton espérance de vie, pendant que j’essayais de mon mieux pour ne pas pleurer me brise aussi le coeur. et un mois plus tard, tu me disais je t’aime pour la dernière fois, avant de t’éteindre 27 heures plus tard. ensuite, j’ai vu ton corps blême et sans vie. j’suis incapable d’enlever cette image de ma tête. ça fait trop mal. mais le pire, c’est ce que j’ai réalisé dernièrement: tu étais présent lors de mon premier souffle, et j’étais absente lors de ton dernier. je m’en veux tellement. c’est impossible et injuste…

malgré toute la douleur, je suis reconnaissante envers l’univers de t’avoir eu dans ma vie. tu as fait du mieux que tu pouvais malgré la maladie. tu as toujours fait en sorte que je manquais de rien, que j’étais heureuse et que j’étais en santé. tu étais bon pour faire passer les autres en premier, ça oui. tous ces souvenirs sont et seront gravés dans ma mémoire jusqu’à ce que je vienne te rejoindre. merci papa. tu avais toujours les mots pour me faire oublier mes problèmes, ça faisait du bien.

mon coeur de petite fille aura toujours mal et cette même petite fille te cherchera toujours, partout dans ce monde si grand et si effrayant. je chercherai toujours un signe de ta présence auprès de moi. je sais que tu veilles sur moi, je le sens. merci du fond du coeur. je t’aime papa. je t’aime beaucoup.

on se reverra un jour.

merci pour tout,

ta fille unique

ta peanut

Maude

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